04.07.2009

La princesse et les rugbymen

Et c'est vrai qu'on l'imagine mal, Ramatoulaye, désormais secrétaire d'État aux Sports, fragile comète du haut de ses 32 ans, se coltiner les arrivées du Tour de France au sommet de l'Alpe d'Huez, les remises de médailles aux haltérophiles et les accolades moites dans les vestiaires de rugbymen.

Le sport est encore largement un monde d'hommes et de sueur virile, un bastion du machisme, du chauvinisme et parfois, hélas, du racisme, où la fille de Dakar et de Marianne a autant sa place a priori qu'un vase de porcelaine au milieu d'un troupeau d'éléphants.

Il fallait la voir, lors du dernier voyage présidentiel en Afrique, fin mars, errer comme une âme en peine, les yeux fixés sur l'horizon de son malaise, fuyant les journalistes mais aussi tous ceux qui, dans le sillage de la caravane, étaient aux antipodes de sa sensibilité, voire de ses convictions : Henri Guaino, l'auteur de « l'homme africain n'est pas encore entré dans l'Histoire » ; Patrick Balkany, de la bande des Hauts-de-Seine ; Thierry Mariani, l'inventeur du test ADN ; Didier Barbelivien, compositeur de variétés franchouillardes…

On aurait, c'est vrai, souhaité qu'elle s'en tienne là et refuse crânement de s'asseoir sur le banc de touche du gouvernement, elle qui vaut beaucoup mieux qu'une place de remplaçante destinée à entrer en jeu quand la titulaire du poste, sa nouvelle ministre de tutelle Roselyne Bachelot, n'occupera pas le terrain - autant dire le moins souvent possible.

Source:
http://www.jeuneafrique.com/Article_ARTJAJA2529p006-007.xml0_-France-Nicolas-Sarkozy-Henri-Guaino-remaniement-ministeriel-La-princesse-et-les-rugbymen.html

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